Pour des raisons qui nous sont personnelles, Aurélia Aurita jouira toujours d’un crédit illimité dans cette rubrique.

    Après un Fraise et Chocolat iconoclaste, après un Fraise et Chocolat 2 le retour sans surprise mais néanmoins stimulant, on était paré pour recevoir avec les honneurs le Fraise et Chocolat 3 intitulé « Le retour de la contre-attaque du fils de Fraise et Chocolat ».

    Et là, surprise, pas l’ombre d’une petite culotte en vue, juste une photo marrante de l’auteur en bikini en train de pasticher une pub pour bière japonaise.

    Et on se dit : c’est formidable. Formidable qu’Aurélia Aurita confirme aujourd’hui ce qu’on a toujours su contre vents et marées. Qu’elle est un auteur complet et passionnant, dont l’intérêt dépasse la seule sphère érotique où les bonnes âmes voudraient la confiner.

    Merci donc Aurélia pour ce nouvel ouvrage, Je ne verrai pas Okinawa, toujours publié aux Impressions nouvelles.

    Car tu t’attaques ici à la bureaucratie procédurière des services d’immigration japonais, qui fondamentalement ne sont pas différents des nôtres. Tu nous racontes tes efforts pour vivre quelque temps au pays où habite et travaille ton amoureux, tu nous dis les rouages aveugles des règlements administratifs, tu t’étonnes de l’acharnement stupide de ceux qui sont censés les appliquer.

    Tu pointes aussi et surtout l’arbitraire généralisé, la juste indignation qui est la tienne face à des fonctionnaires obtus, dont on se dit qu’ils sont une engeance universelle aussi bornée au pays du Soleil Levant que par exemple au sein de notre tristement célèbre Office des Etrangers.

    Mais savoure cependant ta chance, jeune Aurélia : tu n’as pas été expulsée de force avec un coussin plaqué sur la figure, et tu es encore vivante pour faire de chouettes BD comme celle-ci.

   Tout le monde ne peut pas en dire autant.




    Jean-Michel Teheux, Dbranché (TVcom Brabant Wallon), 25 octobre 2008
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