Belle de sexe
Chronique de Jean-Christophe Ogier
France Info, 16 avril 2006
Dans la vie, Aurelia Aurita est une grande jeune femme
élancée et sage en société.
Sur le papier, Aurelia Aurita est une jeune fille plutôt
petite, un peu ronde et qui n’a froid ni aux yeux ni ailleurs.
La première dessine la seconde qui, elle, revit en bande
dessinée les jeux amoureux de son modèle.
«Fraise et Chocolat» est bien un récit
autobiographique; l’auteur ne se cache pas
derrière un pseudonyme et, si son trait simple, vif, souple,
pour tout dire nature porte un propos qui se présente comme
naturel, il n’en reste pas moins que les actes sexuels y sont
exposés sans voile. Une crudité
revendiquée. Erotisme dit-elle.
Au départ journal intime dessinée,
«Fraise et Chocolat» est donc désormais
visible par tous. L’accueil critique est excellent.
Voilà une bande dessinée qui va compter.
L’accueil public ? La dessinatrice rencontre avec bonheur des
femmes qui la remercient de sa liberté de ton. Mais
qu’en pensent ses proches, ses intimes, sa famille ? Cette
question là est encore épineuse,
répond Aurelia. C'est tout le problème de
l'autobiographie, se faire accepter telle qu'on est par les siens.
«Fraise et Chocolat» de Aurelia Aurita, aux
éditions Les Impressions Nouvelles.
Egalement fortement conseillé, chez le même
éditeur, l'ouvrage
«L'Apprenti Japonais», dans lequel son
compagnon Frédéric Boilet, auteur majeur d'une
bande dessinée accrochée au réel,
retrace sa découverte du Japon.